Maladie de Haglund

Maladie de Haglund : la reconnaître et savoir quoi faire

Une douleur à l’arrière du talon apparaît souvent là où la chaussure frotte contre le tendon d’Achille. La maladie de Haglund peut alors être évoquée, mais une bosse, une rougeur ou une gêne à la marche ne suffisent pas à confirmer son origine. La ressemblance avec d’autres douleurs du talon entretient le doute, tout comme la question du traitement à choisir. Les signes à observer, les examens utiles, les mesures qui réduisent les frottements et les situations nécessitant un avis médical permettent d’y voir plus clair.

L’essentiel à retenir :

  • La maladie de Haglund correspond à un conflit mécanique entre une saillie de l’os du talon, les tissus voisins et la chaussure, souvent avec une douleur à l’arrière du talon.
  • Une chaussure à contrefort souple ou ouverte, la réduction temporaire des activités douloureuses et le froid peuvent limiter l’irritation, sans remplacer un examen médical.
  • La radiographie de profil recherche la forme du calcanéum, tandis que l’échographie ou l’IRM servent à évaluer le tendon d’Achille et les tissus environnants selon le cas.
  • La chirurgie se discute lorsque les mesures médicales ne soulagent pas suffisamment la douleur ou lorsqu’une déformation provoque un conflit important.
  • Une douleur persistante, une boiterie, une lésion cutanée, un gonflement marqué ou une aggravation justifient une consultation médicale plutôt qu’une auto-évaluation prolongée.

Quels signes font penser à la maladie de Haglund ?

La douleur se situe à l’arrière du talon, près de l’insertion du tendon d’Achille sur le calcanéum. Elle peut être déclenchée par la marche, la course ou la pression d’une chaussure fermée. Une bosse ou une proéminence osseuse peut être palpable, avec une rougeur, un gonflement, une callosité ou une sensibilité au toucher.

Signe observé Conséquence pratique
Douleur à l’arrière du talon La marche ou l’activité sportive peut devenir difficile
Bosse ou proéminence près du calcanéum Le contrefort de la chaussure comprime la zone
Rougeur, gonflement ou callosité Le frottement répété entretient l’irritation cutanée et profonde

Une raideur du tendon, une bursite rétrocalcanéenne ou une tendinopathie d’insertion peuvent accompagner le tableau. Ces signes orientent, mais ils ne prouvent pas à eux seuls qu’il s’agit d’un syndrome de Haglund : d’autres atteintes du tendon ou de l’insertion calcanéenne peuvent provoquer une douleur comparable.

Quelles chaussures et activités favorisent le conflit ?

Le frottement est favorisé par les chaussures à contrefort rigide, les chaussures de sécurité et certains modèles à talons. Un pied creux peut aussi modifier les appuis et accentuer la pression sur l’arrière du calcanéum. La course à pied, le football ou le tennis peuvent entretenir la douleur lorsqu’ils imposent des impacts répétés.

Le geste le plus utile consiste à retirer temporairement ce qui comprime la zone. Choisissez une chaussure large, confortable, souple à l’arrière ou ouverte au niveau du talon, puis réduisez l’activité qui déclenche clairement la douleur. Le repos complet n’est pas forcément nécessaire : l’objectif est de conserver une activité indolore sans forcer sur une zone irritée.

Comment le diagnostic de Haglund est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’examen du pied, l’analyse du chaussage et la recherche d’une douleur provoquée à l’arrière du talon. Une radiographie du pied de profil peut montrer la saillie du calcanéum et certaines modifications osseuses. Elle ne suffit toutefois pas toujours à expliquer l’ensemble des symptômes.

L’échographie permet d’examiner le tendon d’Achille et les tissus situés autour de son insertion. Une IRM peut être demandée lorsque la situation reste incertaine ou que l’échographie ne met pas en évidence la lésion suspectée. Le document d’information du CHU de Bordeaux rappelle aussi qu’une enthésopathie calcanéenne peut ressembler à un syndrome de Haglund, alors que sa prise en charge chirurgicale diffère.

Quels traitements essayer avant une opération ?

La prise en charge commence habituellement par la diminution des pressions et de l’irritation. Le froid peut être appliqué avec une protection entre la peau et la source froide. Des semelles ou des talonnettes peuvent modifier les appuis et rendre le calcanéum plus horizontal dans la chaussure. Leur intérêt dépend de la morphologie du pied : un podologue ou un professionnel formé peut vérifier si elles sont adaptées.

La rééducation peut associer des exercices progressifs, des étirements adaptés et un travail de mobilité ou de renforcement. Une douleur qui augmente pendant l’exercice impose de réduire l’intensité plutôt que de « passer au-dessus ». Les anti-inflammatoires, y compris en application locale, ne conviennent pas à tout le monde : demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien, en particulier en cas de grossesse, de traitement en cours ou de problème de santé.

Quand envisager une chirurgie du talon ?

Une intervention peut être discutée lorsque la douleur persiste malgré une prise en charge médicale correctement conduite, ou lorsque la déformation osseuse entretient un conflit important avec le tendon et la chaussure. Le geste peut consister à retirer la partie saillante du calcanéum, par chirurgie ouverte ou sous arthroscopie. Si le tendon est atteint, un geste complémentaire peut être nécessaire. Dans certaines morphologies avec pied creux postérieur, une ostéotomie du calcanéum est envisagée.

Les suites dépendent du geste réalisé et de l’état du tendon. Les informations chirurgicales disponibles indiquent que l’appui peut être autorisé immédiatement ou différé pendant 4 à 6 semaines, selon l’intervention. Une botte de marche peut être utilisée, la rééducation s’étaler sur environ 2 à 3 mois, et la reprise du sport se situer entre 1 et 3 mois dans certains parcours, sans que ces délais puissent être transposés à chaque patient.

Une chirurgie ambulatoire peut durer autour de 30 minutes dans certains protocoles, mais la durée de l’intervention, l’anesthésie et la convalescence sont décidées par l’équipe chirurgicale. Un devis est établi lorsque l’opération est proposée ; son coût dépend du cadre de soins et de la couverture complémentaire. Le choix ne doit donc pas reposer sur la seule présence d’une bosse, mais sur l’ensemble des symptômes, de l’imagerie et de la réponse au traitement médical.

Quand consulter pour une douleur derrière le talon ?

Consultez un médecin si la douleur dure, limite la marche, provoque une boiterie ou empêche le chaussage. Une rougeur importante, un gonflement qui progresse, une plaie ou une douleur apparue après un traumatisme demandent également un avis professionnel. Une rupture du tendon d’Achille et d’autres atteintes du talon ne se prennent pas en charge comme un syndrome de Haglund.

Ces conseils restent une information générale et ne permettent pas de poser un diagnostic. Respectez les réactions de votre corps et sollicitez un professionnel de santé en cas de doute, de symptômes persistants, de grossesse ou de situation particulière. Un médecin pourra déterminer si une radiographie, une échographie, une IRM ou un avis spécialisé est pertinent.

Questions fréquentes

La maladie de Haglund touche-t-elle les deux pieds ?

Elle peut être bilatérale, ce qui signifie que les deux pieds sont concernés. Une douleur d’un seul côté reste toutefois compatible avec de nombreuses causes, et la présence ou l’absence d’une gêne du côté opposé ne suffit pas à confirmer le diagnostic.

Le syndrome de Haglund peut-il disparaître spontanément ?

Une amélioration spontanée est possible dans certains cas, mais l’évolution n’est pas prévisible pour une personne donnée. Si la douleur augmente, si le chaussage devient difficile ou si l’activité quotidienne est réduite, une consultation évite de prolonger une situation mal identifiée.

Peut-on nager avec une douleur de Haglund ?

La natation peut constituer une activité moins traumatisante pour le talon lorsqu’elle reste indolore. Après une intervention, un délai d’un mois avant la reprise de la natation est mentionné dans certains parcours : la date réelle dépend de la cicatrisation et de l’accord du chirurgien.

Quelle différence avec une enthésopathie calcanéenne ?

L’enthésopathie calcanéenne concerne l’insertion du tendon ou des tissus sur l’os du talon et peut provoquer une douleur proche. Elle ne correspond pas automatiquement à une maladie de Haglund, et les gestes chirurgicaux ne sont pas nécessairement les mêmes.

Les étirements sont-ils toujours recommandés ?

Les étirements peuvent faire partie d’une rééducation, mais ils doivent rester progressifs et adaptés à l’état du tendon. Un exercice qui augmente nettement la douleur, la raideur du lendemain ou le gonflement doit être interrompu et réévalué avec un professionnel.

Sources

Sources consultées le 20 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. Maladie de Haglund traitement – Dr Julien Lopez, www.chirurgie-pied-sport.com/maladie-de-haglund-traitement
  2. Symptômes et traitement de la Maladie de Haglund à Lyon, www.chirurgie-pied-cheville.fr/symptomes-et-traitement-de-la-maladie-de-haglund-lyon
  3. www.centrepiedgeneve.ch/haglund/
  4. www.deuxiemeavis.fr/pathologie/maladie-de-haglund
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