Chaque année, la revue médicale Prescrire publie une liste noire où elle recense les médicaments présentant un rapport bénéfices-risques défavorable. En 2026, trois médicaments particulièrement préoccupants viennent s’ajouter à cette liste déjà dense. Ces traitements, parfois considérés comme courants, soulèvent de sérieuses questions sur leur sécurité et leur efficacité. Leur présence interpelle patients, professionnels de santé et institutions.
Andexanet alfa : un anticoagulant controversé
L’andexanet alfa, commercialisé sous le nom d’Ondexxya, est un médicament destiné à contrer l’action des anticoagulants oraux directs en cas d’hémorragie grave. Dans certaines situations, il apparaît comme une solution salvatrice, mais la revue Prescrire met en garde contre ses risques. En effet, si son efficacité est reconnue dans le contrôle des saignements, les effets indésirables sont nombreux et parfois graves, notamment des complications thromboemboliques.
Ce médicament soulève une inquiétude spécifique : il expose le patient à un risque accru de thrombose, ce qui peut entraîner des événements cardiovasculaires majeurs. Compte tenu de ces dangers, Prescrire estime que son usage devrait être réservé à des cas très stricts et que d’autres options moins risquées doivent être privilégiées dans la mesure du possible.
Chondroïtine : une efficacité remise en question en rhumatologie
Souvent utilisée dans le traitement de l’arthrose, la chondroïtine figure parmi ces médicaments dont les bénéfices sont discutés. Présente dans plusieurs compléments alimentaires et médicaments, elle est proposée pour soulager la douleur et améliorer la mobilité articulaire. Toutefois, les dernières analyses menées par Prescrire révèlent que son efficacité réelle reste très limitée, voire comparable à un placebo.
Par ailleurs, certains effets secondaires, même s’ils sont rares, ont été observés. Cette incertitude sur le rapport bénéfices-risques conduit la revue à déconseiller la chondroïtine, rappelant que d’autres solutions thérapeutiques, non médicamenteuses notamment, peuvent s’avérer plus sûres et tout aussi efficaces.
Fézolinétant : un traitement endocrine sous haute surveillance
Le fézolinétant, commercialisé sous le nom de Veoza, est un médicament utilisé dans certains troubles endocriniens. Apparu récemment sur le marché, il a été ajouté à la liste noire de Prescrire en raison d’une balance bénéfices-risques jugée défavorable. Les données cliniques disponibles montrent une efficacité modeste associée à des effets secondaires qui peuvent être préoccupants, notamment des perturbations hormonales et des troubles métaboliques.
Ces signaux d’alerte invitent à la prudence. Prescrire recommande un strict encadrement de son utilisation et la recherche d’alternatives thérapeutiques plus équilibrées, particulièrement dans un domaine aussi sensible que l’endocrinologie.
Un bilan qui alerte sur la vigilance à adopter
L’ajout de ces trois médicaments à la liste noire de Prescrire souligne la complexité de l’évaluation des traitements disponibles. Il illustre à quel point il est essentiel que médecins et patients restent vigilants quant à l’utilisation de certaines molécules. La revue prescrit insiste sur la nécessité d’un dialogue ouvert lors des consultations, afin de peser les avantages attendus face aux risques possibles.
En parallèle, cette mise en lumière invite à renforcer la recherche et le développement de thérapies plus sûres, ainsi qu’à privilégier, quand cela est possible, des approches non médicamenteuses adaptées aux besoins des patients.
Le suivi rigoureux des recommandations comme celles de Prescrire permet non seulement d’améliorer la sécurité des soins, mais aussi de promouvoir une médecine plus personnalisée et responsable, centrée sur le bien-être des patients avant tout.
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